Le pape Léon XIV recevra sept victimes d’abus commis au sein de l’Église le 27 septembre 2026 à Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, selon les informations de France 3 Nouvelle-Aquitaine. Parmi elles figure Jean-Marie Delbos, ancien pensionnaire de l’apostolicat de Notre-Dame de Bétharram, établissement au cœur d’un scandale d’abus systémiques révélé ces dernières années. Cette audience est l’un des premiers gestes publics du pontife à l’égard des victimes françaises depuis son élection, dans un contexte où l’Église catholique en France reste sous pression pour traiter les dossiers d’abus commis dans ses institutions.
La rencontre se tiendra à Lourdes, sanctuaire marial visité chaque année par des millions de pèlerins, qui devient ainsi le cadre d’un face-à-face entre le chef de l’Église catholique et des personnes qui affirment avoir subi des violences, parfois durant des décennies, sans que l’institution ne réagisse à la hauteur des faits dénoncés.
Jean-Marie Delbos : “Cette congrégation ne doit plus exister”
Jean-Marie Delbos ne compte pas se contenter d’un échange protocolaire. Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, il entend profiter de cette audience pour porter une demande précise et sans détour : la dissolution pure et simple de la congrégation des pères de Bétharram. “Cette congrégation ne doit plus exister”, affirme-t-il, une formule qui résume l’ampleur de sa colère après des années de silence institutionnel.
Son parcours à l’apostolicat de Notre-Dame de Bétharram
Jean-Marie Delbos a été pensionnaire de l’apostolicat de Notre-Dame de Bétharram, l’un des établissements gérés par la congrégation dans les Pyrénées-Atlantiques. Cet apostolicat faisait partie du réseau d’institutions éducatives tenues par les pères de Bétharram, aujourd’hui mises en cause dans de nombreux témoignages de victimes. Des décennies plus tard, son passage dans cet établissement l’a conduit à rejoindre le mouvement de dénonciation qui a mis au jour les pratiques de la congrégation.
La demande centrale : la dissolution de la congrégation
La demande de dissolution que Jean-Marie Delbos entend formuler devant le pape n’a rien d’un simple geste symbolique. Elle traduit une conviction partagée par une partie des victimes : tant que la congrégation subsiste en tant qu’entité, elle continue de porter une forme de légitimité institutionnelle que ces personnes jugent incompatible avec les faits révélés. En s’adressant directement à Léon XIV, Jean-Marie Delbos cherche à obtenir un geste fort de la part du Vatican, au-delà des excuses ou des mesures d’accompagnement déjà mises en avant par l’Église de France.
Le collectif des victimes de Bétharram dénonce son exclusion de la rencontre
Le collectif des victimes des anciens élèves de Bétharram, qui rassemble plusieurs dizaines de personnes ayant fréquenté les établissements de la congrégation, n’a pas été associé à l’organisation de la rencontre du 27 septembre, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. Ce collectif regrette d’avoir été tenu à l’écart du processus ayant conduit à la sélection des sept victimes reçues par le pape.
Cette mise à l’écart nourrit un sentiment d’incompréhension au sein du mouvement de victimes, qui a pourtant joué un rôle central dans la médiatisation de l’affaire Bétharram ces dernières années. Le collectif estime que sa connaissance directe des dossiers et son organisation collective auraient dû peser davantage dans le choix des personnes invitées à s’exprimer devant le souverain pontife.
Un mode de sélection contesté par les anciens élèves
Le mode de sélection des sept victimes reçues à Lourdes fait l’objet de critiques de la part des anciens élèves de Bétharram. Le collectif regrette de ne pas avoir été consulté sur les critères ayant présidé à ce choix, ni sur l’identité des personnes finalement retenues. Cette contestation illustre une tension plus large entre les structures collectives de victimes, qui revendiquent une représentativité construite sur le nombre et l’ancienneté de leur mobilisation, et les démarches individuelles ou institutionnelles qui peuvent aboutir à ce type de rencontre au sommet.
L’affaire Bétharram, retour sur un scandale d’abus systémiques dans l’Église
L’affaire Bétharram désigne l’ensemble des révélations concernant des abus commis au sein des établissements gérés par la congrégation des pères de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques et au-delà. Ce scandale s’inscrit dans une série plus large de révélations ayant touché l’Église catholique en France ces dernières années, concernant des violences physiques, psychologiques et sexuelles infligées à des enfants et adolescents scolarisés dans des institutions religieuses.
Le témoignage de Jean-Marie Delbos, comme ceux d’autres anciens élèves regroupés au sein du collectif des victimes de Bétharram, s’ajoute à un ensemble de récits qui décrivent des pratiques systémiques au sein de ces établissements. La qualification de “systémiques” renvoie à l’idée que ces abus n’ont pas été le fait d’individus isolés mais ont pu s’inscrire dans un fonctionnement institutionnel durable, sans réaction suffisante de la hiérarchie religieuse pendant de longues années.
Ce que représente la rencontre du 27 septembre pour l’Église catholique en France
La rencontre du 27 septembre à Lourdes constitue un moment test pour l’Église catholique en France, confrontée depuis plusieurs années à la nécessité de traiter concrètement les dossiers d’abus révélés en son sein. Recevoir des victimes à Lourdes, haut lieu du catholicisme français, envoie un signal fort sur la volonté du pape Léon XIV de s’impliquer personnellement dans ce dossier, sans se limiter à des déclarations générales sur la nécessité de “faire la lumière” sur ces affaires.
Cette audience s’inscrit également dans un contexte où l’institution ecclésiale est scrutée sur sa capacité à traduire ses engagements en actes concrets, qu’il s’agisse de mesures de réparation, de réformes institutionnelles ou, comme le réclame Jean-Marie Delbos, de décisions structurelles touchant directement l’existence même de certaines congrégations.
Sept victimes reçues : qui sont-elles et que sait-on de la sélection
Selon les éléments disponibles, sept victimes d’abus dans l’Église seront reçues par le pape Léon XIV le 27 septembre 2026, dont Jean-Marie Delbos au titre de son passage à l’apostolicat de Notre-Dame de Bétharram. Les modalités précises de sélection des six autres personnes reçues n’ont pas été détaillées publiquement, ce qui alimente les interrogations du collectif des victimes de Bétharram sur les critères ayant guidé ce choix. Cette opacité relative sur le processus de sélection constitue, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, l’un des principaux points de friction entre l’organisation de la rencontre et les structures collectives de victimes qui se sentent insuffisamment associées à la démarche.
Les réactions attendues et les enjeux pour la suite de l’enquête sur Bétharram
La rencontre du 27 septembre à Lourdes sera scrutée de près par l’ensemble des acteurs impliqués dans le dossier Bétharram, qu’il s’agisse des victimes elles-mêmes, de leurs collectifs ou des autorités religieuses françaises. La demande de dissolution portée par Jean-Marie Delbos place le Vatican face à un choix concret : accepter d’examiner une mesure aussi radicale que la disparition d’une congrégation, ou maintenir une réponse plus mesurée axée sur des sanctions individuelles et des mesures d’accompagnement des victimes.
Le sort réservé à cette demande, ainsi que la manière dont le collectif exclu de la rencontre sera associé aux suites de l’affaire, détermineront en grande partie la crédibilité de la démarche engagée par Léon XIV auprès des victimes françaises. Pour Jean-Marie Delbos et les anciens élèves de Bétharram, cette audience à Lourdes représente une occasion rare de porter leur cause directement au plus haut niveau de l’institution qu’ils tiennent pour responsable de leurs souffrances.

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